Lundi 9 novembre 2009


Après plusieurs semaines d'angoisse et de prise de tête autodidacte autour de notre projet de site, ben, le voilà...


Il est centré autour de notre projet de Jardin des 400 Goûts, mais on y trouvera tous les articles publiés sur le blog du GRATA ainsi que des informations propres au Groupe de Recherche et d'Actions pour des Techniques Autonomisantes. En gros, retenez: le GRATA désigne le collectif et le Jardin des 400 Goûts est le projet que soutient le GRATA. L'activité du GRATA est par ailleurs plus large, puisqu'elle comprend la diffusion d'infos et l'organisation de rencontres, soirées, projections... etc

Deux dates à venir:
- Le 5 décembre à Louviers pour la soirée "Détruire l'ennui en Normandie", 29 rue du Matrey à partir de 18h chez Grain de Café.
- Le 12 décembre à Rouen, en préambule de notre assemblée générale, à 15h, 15 rue Saint-Nicolas à la Maison Saint-Romain.

Et d'autres, et d'autres et d'autres... (mais plus tard)


D et R, dream-team du PHP
Par G
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Dimanche 8 novembre 2009
Multifonctionalité et complexité apparaissent souvent comme des complications. « Vous voulez faire trop de choses », « On ne peut pas courir deux lièvres à la fois », « Chacun son rôle ». Notre fonctionnement intellectuel et social regorge de dispositifs de défense contre les approches complexes et multidimensionnelles.

Pourtant, notre expérience de l’existence humaine est profondément marquée par cette nature multidimensionnelle. Le projet de séparation, de disjonction, de parcellarisation n’est-il pas finalement plus utopique?

Nous examinerons dans ce court article deux expériences de la complexité mises en actes et nous essaierons de nous poser la question du rapport au projet d’autonomie que développent ces deux expériences.

 

La néo-ruralité comme « retour à la complexité »

 

La ruralité a toujours été le siège d’une certaine polyvalence technique, certes parfois fantasmée et mythifiée, mais qui recouvre une réalité bien tangible. L’expérience de la néo-ruralité en France, sur son versant collectif/communautaire des années 70-80 et par son renouveau « alternatif » des années 90-20001, nous intéresse car il s’agit d’une expérience jalonnée de prises de conscience des écarts de connaissances à la fois techniques et culturelles notamment entre le monde de la « ville » et celui de la « campagne »2. Nombres d’expériences font la démonstration d’aventures autodidactes, plurielles, parfois brouillonnes, mais qui sont dans tous les cas l’expression d’une curiosité envers les possibilités infinies d’une vie plus autonome3.

 

Vignette extraite de "La Communauté" illustrée par Tanquerelle

Vignette extraite de "La Communauté" illustrée par Tanquerelle

Loin du constat naïf de l’originelle dureté des choses, les néo-ruraux découvrent bien souvent la complexité et la multidimensionalité en actes (il faudra tour à tour se faire météorologiste, agriculteur, maçon, éleveur, pédagogue, conteur…). Le point de vue importe beaucoup: pour certains observateurs cette complexité s’apparentera à un enchaînement ininterrompu de complications, pour d’autres à une richesse.

Dans toutes ces expériences, le lien entre multifonctionalité et autonomie est étroit. Bien souvent, il fut difficile, pour des raisons économiques et temporelles, de se lancer simultanément dans plusieurs activités, mais beaucoup d’expériences « installées » montrent un attachement à la diversification. On peut alors parler de « multifonctionalité », c’est à dire de l’accomplissement de différentes fonctions par une entité (la communauté, l’exploitation agricole, l’association, la coopérative…).

Tout comme le nombre de points d’appuis d’un objet augmente sa stabilité, la complexité d’un système peut avoir comme conséquence sa cohérence.

 

De l’autre côté de l’océan: la construction de l’autonomie par l’éducation

 

Les écoles « poly-techniques » mises en place au Mexique sont un tout autre exemple de cette autonomie en lien avec le processus dit de « capacitation intégrale ». Il s’agit de centres comme le CIDECI à San Cristobal de las Casas (Etat du Chiapas) ou le projet d’UniTierra à Oaxaca (Etat de Oaxaca) proposant l’ensemble de leurs enseignements sans hiérarchie a priori des savoirs: on y apprend aussi bien au cours de son cursus l’artisanat traditionnel que la fabrication des tortillas, l’utilisation de l’informatique, la sérigraphie ou les langues étrangères.

 

-CIDECI - Photo Flickr de Jose Armas-

-CIDECI - Photo Flickr de Jose Armas-

Le terme de « capacitacion » en espagnol renvoie à deux notions: celle, que nous comprenons aisément, de « formation » (professionnelle, intellectuelle…) et celle d’autonomisation (le terme anglais d’ « empowerment » serait peut-être plus juste). L’idée, au sein de ces complexes éducatifs, est de rendre capable les adolescents ou les adultes qui s’y rendent pour de stages de quelques mois à plusieurs années. A une écrasante majorité indigènes, pauvres et issus de communautés parfois éloignées les unes des autres, les jeunes et les moins jeunes qui vivent temporairement dans le centre y font également un apprentissage politique et social4.

 

-Bâtiment des "humanités" au CIDECI- Photo Jose Armas-

-Bâtiment des "humanités" au CIDECI- Photo Jose Armas-

 

Le terme « intégral » qui qualifie le processus de capacitation possède également un double-sens: celui de « tendant vers une complétude »5 et celui d’ « intégrateur », c’est à dire en recherche permanente de liens, de jonctions entre l’expérience propre et l’expérience de l’autre. Pour reprendre l’approche que développe Edgar Morin en introduction du premier tome de « La méthode »6, l’enjeu ici n’est pas tant d’enseigner une connaissance encerclant la totalité du monde en son sein, mais de produire un mode d’apprentissage en-cyclo-pédique, c’est à dire conscient du processus complexe sous-jacent (le « cycle » ici n’était plus le cercle, mais la boucle rétroactive, sans fin, servant de dynamique à la connaissance).

 

-Atelier de tissage au CIDECI - Photo Xibalba81

-Atelier de tissage au CIDECI - Photo Xibalba81

 

La multifonctionalité de l’espace du centre de capacitation est ici à la fois au service de l’autonomie individuelle (formation et autonomisation des personnes par un enseignement poly-technique et non réduit à une exigence utilitaire) et de l’autonomie collective (le centre est une communauté, sur le plan social mais aussi économique puisqu’un grand nombre de besoins sont accomplis par les membres du centre: autoproduction alimentaire, cuisine, autoconstruction…).

 

 

 

En guise de conclusion…

Ces deux mondes apparemment fort éloignés possèdent tout de même des points communs très intéressants, à mettre en lien avec notre projet de Jardin des 400 Goûts.

  • Ils sont tous deux marqués par un projet de transformation sociale. La palette des valeurs est bien évidemment étendue et certaines se trouvent en désaccord, voire en contradiction les unes avec les autres.

  • Ils sont expérimentaux, en ce sens qu’ils se risquent à l’erreur et à l’errance en réalisant un pari sur l’action. Mais ces erreurs et ces errances ne doivent pas non plus réduire nos visions des choses en compressant l’ensemble des alternatives, en France par exemple, vers les archétypes du ridicule, de la démesure et de la bêtise (sectarisme, extrémisme, refus d’ouverture…)

  • Ils s’incarnent physiquement dans des lieux dont la pérennité dépend à la fois de facteurs internes (la dynamique qui s’y déroule, la pratique de l’autonomie) et de facteurs externes (conflits, accès aux ressources, violence étatique ou para-étatique dans le cas mexicain…).

Notes

1 Ce découpage demeure très arbitraire, et la « néo-ruralité » correspond pour nous plus à une ré-invention de la ruralité que de la simple installation de citadins à la campagne. Le mouvement du Larzac montre par exemple l’importance pour des populations rurales de « vivre et travailler au pays ». L’expérience du plateau des Millevaches est également très instructive par l’invention permanente qu’elle suscite. Samuel Deléron, Michel Lulek, Guy Pineau, « Télé Millevaches La télévision qui se mêle de ceux qui la regardent » 2006

2 Luxereau A., 1986, « A quelle mode vais-je planter mes choux ? », Terrain, n° 6, pp. 47-56.

3 « La Communauté » de Tanquerelle et Yann Benoît, est un récit/entretien en BD absolument remarquable sur le sujet. Visitez ici le site de Tanquerelle (Rock’n'Roll, lucha libre et moustaches à la Motörhead! Tout pour nous plaire!) Le Tome 2 de la BD sort fin janvier pour Angoulême.

4 Au sujet des pratiques d’autonomie politique au sein des communautés indigènes du Chiapas et du lien entre ces pratiques et la résistance zapatiste, voir « L’autonomie, axe de la résistance zapatiste », Raúl Ornelas Bernal, Rue des Cascades 2007

5 Cette complétude du savoir étant préalablement définie comme un objectif in-atteignable.

6 « La méthode, tome 1 : La Nature de la Nature », Edgar Morin, Seuil, 1981

Par G
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Vendredi 6 novembre 2009
Rencontre de présentation/débat
avec l'équipe du Jardin des 400 Goûts



Comment agir collectivement pour construire nos vies en dehors de la morosité?
Quels sont nos moyens d'action pour bâtir la solidarité?



Nous sommes actuellement en train de monter un projet « agriculturel » mêlant production maraîchère biologique,
conservation de la biodiversité et activité d'animation et de mise en lien ville-campagne.

Si ce projet vous intéresse, n'hésitez pas à venir nous rencontrer pour en savoir plus et, pourquoi pas, à participer à son élaboration!



Samedi 5 décembre
A partir de 18h /// Grain de Café /// 39 rue du Matrey, Louviers
Par G
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Jeudi 22 octobre 2009

« De l'envie au projet », l'AFIP nous permet d'alimenter la réflexion

 

Grâce à l'AFIP (Association de Formation et d'Information Pour le développement d'initiatives rurales), qui forme à la fois des agriculteurs et des personnes cherchant à installer un projet en milieu rural sans qu'il s'agisse forcément d'un projet agricole, nous avons un membre du GRATA qui se forme en ce moment en Basse-Normandie.

 

 

Cette formation, bien motivante, va nous permettre de ficeler notre dossier, et de débroussailler les problèmes juridiques et économiques liés à notre structure. Elle est également l'occasion de rencontrer d'autres personnes dans le coin, qui ont également les mêmes aspirations à bouger et à faire bouger.

 

Détruire l'ennui en Normandie!

 


 

Vaste programme et première soirée de présentation, à Louviers dans l'Eure, chez Grain de Café, un petit troquet du centre-ville qui nous accueille chaleureusement. On est pas encore calés sur les dates, alors on vous enverra des nouvelles dès que possible.

Le but de la soirée est d'échanger autour de tout ce que nous avons à construire sur ces territoires que l'on présente souvent comme « morts », « paumés » ou bien «enclavé » alors que dans le même temps, on y trouve une « qualité de vie », une « authenticité » ou des « espaces à réinventer »... Au milieu de toutes ces idées reçues, nous aimerions savoir quels sont les expériences de chacun et surtout, comment concrétiser nos désirs.

 

PHP mon amour

 

 

Un site, plus beau, plus puissant, plus compliqué à faire, est en train de voir le jour dans notre Grenier-Start-Up à Louviers. C'est une grande aventure humaine et informatique, à base de thé, café, pizzas, houmous et café et thé et … Bref, manger-pas-bouger.com.

 

Bientôt, on vous le fait bourgeonner sur l'Internet et vous allez voir, ça va envoyer du steak (de soja) (bio).

 

 

 

Le GRATA

(Groupe de Recherche et d'Action pour des Techniques Autonomisantes)

 

Par G
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Mercredi 21 octobre 2009

De la constitution en collectif...


Étudiants, précaires, jeunes diplômés, élevés à la ville comme à la campagne... nous nous sommes constitués en groupe pour faire face à une impuissance1. Au sein du GRATA (Groupe de Recherche et d'Action pour des Techniques Autonomisantes) nous avons cherché à nommer ce qui n'allait pas et surtout, nous avons cherché des idées et des possibilités pour infléchir cet état de fait: les « réalités » sociales, économiques, professionnelles, écologiques et culturelles de notre temps nous promettent un avenir sombre fait d'ennui, de peur, de résignation et du triomphe de la croyance libérale du « Il n'y a pas de place pour tout le monde »2.


Nous avons très vite décidé que notre projet s'incarnerait dans un lieu, à la fois lieu d'activité, de production et d'expérimentation, autour de pratiques solidaires et dans une perspective de transformation sociale.


L'idée du « Jardin des 400 Goûts » (titre encore provisoire, mais qui nous plaît beaucoup) est donc une graine à germination lente, qu'il nous fait assurer avec soin.


à la réalisation concrète!


L'investissement sur un terrain dans le but de produire à la fois des biens alimentaires (fruits, légumes et pourquoi pas céréales?) et des liens sociaux nous a semblé évident, d'autant plus que la formation de nombreux membres du GRATA tournait autour de l'agronomie et que nos expériences personnelles étaient riches d'un rapport particulier à l'écologie pratique. Mais la richesse, l'aléatoire et la complexité de la « condition urbaine » nous a également toujours attiré. C'est donc un invention, une ré-invention, une expérimentation finalement, du rapport Ville-Campagne que nous aimerions réaliser.


Le Jardin des 400 Goûts sera donc un jardin, c'est à dire un espace productif et multifonctionnel, ouvert à tous. Mais nous souhaitons qu'il soit plus que cela, notamment en développant des activités interassociatives et itinérantes dans le territoire où nous serons établis: ateliers de formation, cuisine collective, animation autour de la biodiversité, après-midis ludiques... etc.


1 Micropolitiques des Groupes: pour une écologie des pratiques collectives, Ouvrage collectif, http://micropolitique.collectifs.net

2Le travail de la culture dans la transformation sociale, une offre publique de réflexion du Ministère de la Jeunesse et des Sports sur l'avenir de l'éducation populaire, Rapport d'étape 2001, Franck Lepage

Par G
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